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http://www.tf1.fr/ Debout dans le box, Véronique Courjault, a justifié mercredi, d'une petite voix, pourquoi elle avait dit aux enquêteurs qu'elle avait prévu de tuer ses bébés. "A partir du moment où j'avais dit que j'avais tué ces bébés, c'était quelque part logique que j'ai pensé à les tuer. C'était l'état d'esprit dans lequel je me trouvais". "Mais, je n'avais pas prévu de donner la mort aux enfants", a-t-elle asséné devant la cour d'assises de Tour.
Peu auparavant, deux enquêteurs Gérald Bejeau et Gérard Sammartino, après avoir confirmé que "personne dans l'entourage du couple" ne s'était aperçu des grossesses de Véronique Courjault, ont présenté l'accusée "comme distante mais capable de pleurer" et ont dit être persuadés "qu'elle avait prévu la mort". "C'est là, les deux Véronique", lâche alors Me Henri Leclerc, un des conseils de Mme Courjault. Cette dernière "a eu peur d'annoncer à son mari ces grossesses" et pour elle "l'infanticide était un mode de contraception", ajoute le policier Sammartino.
"J'ai failli te le dire et je n'y ai pas réussi"
Debout, s'adressant à son mari, assis face à elle sur le banc des parties civiles, l'épouse avoue alors : "j'ai manqué de force. J'ai failli te le dire et je n'y ai pas réussi. Après tout s'est embrayé, il y a eu l'emballement médiatique. C'était quelque chose hors de ma portée". Le mari apprendra la vérité de la bouche de sa femme lors de la garde à vue : "C'est toi qui l'a fait?" demande-t-il. "Si, je l'ai fait", répond-elle. Et le mari de serrer sa femme dans ses bras, selon le rapport des enquêteurs.
"Je pense que je n'aurais pas pu jeter les corps dans une poubelle même si les faits que j'ai commis sont monstrueux et inexplicables", a répondu l'accusée à une question de la cour lui demandant pourquoi elle avait congelé les bébés. L'accusée s'est alors effondrée et ses avocats ont demandé une interruption de séance pour permettre à sa cliente de se reposer. Interrogée sur le déroulement des trois accouchements, Véronique Courjault a expliqué en parlant lentement et en pleurs : "j'étais dans la baignoire accroupie. J'ai eu une sensation physique du bébé qui glisse dans l'eau à travers mon corps".
Elle allait au congélateur "pour voir que c'était bien vrai"
Elle a repris son souffle et poursuivi : "j'ai ensuite l'image d'une main sur un visage. Ce n'est pas quelque chose de très net". Elle révèlera également qu'elle ira plusieurs fois au congélateur "pour voir que c'était bien vrai, s'ils étaient bien morts, même si cela peut paraître absurde". "J'ai été enceinte des deux premiers enfants, je leur parlais, ils me parlaient. Mais ceux-là (les trois nouveaux-nés morts, ndlr) je ne leur parlais pas, ils ne me parlaient pas", a dit Véronique Courjault apparue très éprouvée après deux jours de procès.
Me Henri Leclerc, un des avocats de l'accusée, a pour sa part dit que sa cliente "s'interrogeait pourquoi elle a fait ça et c'est difficile". "C'est une femme humaine, souffrante qui s'interroge tous les jours, pourquoi elle a fait ça. Et c'est difficile. Elle essaye comme nous tous de comprendre et c'est dur à comprendre", a déclaré Me Leclerc à la presse à l'issue de l'audience. "Elle a essayé de parler mais elle est dans un état de détresse", a ajouté l'avocat qui a demandé dans l'après-midi une suspension d'audience pour permettre à l'accusée de se reposer. "Elle a dit quelque chose d'extraordinaire: j'ai été enceinte des deux premiers enfants, je leur parlais, ils me parlaient. Mais ceux-là (les trois nouveaux-nés morts, ndlr) je ne leur parlais pas, ils ne me parlaient pas. Comprenne qui pourra ?", a conclu Me Henri Lerclec.
Jean-Louis Courjault, toujours très amoureux de sa femme, a dans la matinée raconté la découverte des deux corps de bébés dans son congélateur de Séoul, le 23 juillet 2006, en voulant congeler des maquereaux. "Et soudain, j'ai vu une main. Le corps du bébé était entouré d'une serviette, dans un sac. Je ne comprends rien", révèle le mari, à la barre, d'une voix hésitante, parfois inaudible (lire l'article). Jugée pour "assassinats", Véronique Courjault encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès, qui se déroule devant un très nombreux public parmi lequel les parents de l'accusée, devrait durer jusqu'au 17 juin.